Archives pour juin 2008

18 juin 2008

Bonheur = Bibli + Sushi

Classé dans bonheur, livres

Le bonheur se compose d’un tas de petites choses. Plus on s’arrête pour remarquer les petites choses qui nous font du bien, plus notre tas grossit. Et plus notre tas grossit, plus on est envahi par le bonheur.

Dans mon tas, il y a la bibliothèque. Le chemin que j’emprunte pour m’y rendre fait aussi partie de mon tas. J’adore marcher. Et j’ai le choix entre plusieurs itinéraires qui m’offrent chacun leur lot de découvertes.

Une fois qu’on est rendu au Centre culturel de Verdun, il y a toujours une exposition à yeuter dans le grand hall d’entrée.

Voilà deux semaines, c’était un happening de marionnettes fabriquées par les élèves d’une école primaire du coin. Elles étaient des douzaines, installées par petits groupes sur des tablettes ou dodelinant du plafond au bout de fils de nylon. D’une hauteur moyenne qui frisait le mètre, avec leurs têtes en papier mâché et leurs costumes des plus colorés, on aurait dit qu’elles allaient prendre vie d’un moment à l’autre pour se lancer dans une conga endiablée. Une chance que je n’étais pas sur l’acide.

Lors de mon passage, lundi dernier, on y présentait une série de dessins de Cathy Cahill sous le thème Life, Death and Rabbits (La vie, la mort et les lapins).

L’artiste y raconte une histoire, autobiographique, en se servant de lapins qui , pour elle, symbolisent la reproduction, l’empathie et le végétarisme.

J’ai d’abord voulu essayer de comprendre son cheminement en observant le plus attentivement possible les différents agencements de lapins, mais la concentration n’y était pas tant j’avais hâte de passer les portes vitrées pour me retrouver dans mon monde de livres. Je les entendais qui gémissaient, « Choisis-moi, choisis-moi. »

Les choix

Le premier livre à m’interpeller fut Random Illuminations – Conversations with Carol Shields, par Eleanor Wachtel. Selon Alice Munro, qui signe quelques bons mots sur la page couverture et pour qui je n’ai que respect et admiration, ce livre est une sublime révélation de la vie et des pensées d’une écrivaine.

Wachtel, que l’on dit être la plus grande intervieweuse d’auteurs au monde, a rencontré Carol Shields pour la première fois en 1987. Elles sont aussitôt devenues amies et au cours des seize années qui ont suivi, Wachtel a eu l’occasion d’interviewer la lauréate du Prix Pulitzer à plusieurs reprises.

Moi qui adore savoir ce qui se passe dans la vie et le cerveau d’un écrivain, je sens que je vais être gâtée. Surtout que des livres comme celui-ci me poussent souvent à me donner un coup de pied au derrière, à être plus productive dans ma propre écriture, et à laisser tomber mon côté perfectionniste pour enfin avoir du fun.

Ensuite, c’est The Spontaneous Fulfillment of Desire, par Deepak Chopra, qui m’est tombé dans l’oeil. Comme je connais déjà cet auteur pour avoir lu ses livres sur la santé et la médecine quantique, je suis certaine de ne pas être déçue.

Ce livre traite des « coïncidences » qui se produisent dans nos vies. Chopra affirme que ces coïncidences nous laissent entrevoir le champs de possibilités illimitées qui s’étend au milieu de toutes choses. Ainsi, en accédant à cette source intarissable de création, nous pouvons littéralement réécrire notre destin selon nos désirs. Eh bien, j’ai hâte de lire ça…et de voir si j’arriverai à me modeler un destin à mon goût. C’est à suivre…

Le dernier et non le moindre de mes choix s’est fixé sur La théorie du grain de sable, une bd illustrée par François Schuiten, écrite par Benoît Peeters.

Curieuse, je l’ai feuilletée très rapidement, juste assez pour tomber en amour avec ses superbes dessins à l’encre noir sur fond blanc et beige. L’ensemble dégage une intensité dramatique qui me rappelle le genre « film noir » des années 40. Seule déception : j’ai découvert, à la toute fin du livre, que c’est le premier tome d’une histoire qui en comprend deux, sauf qu’on n’a aucune idée de la date de parution du deuxième tome. Ils auraient quand même pu le préciser sur la couverture…c’est pas drôle d’avoir à patienter des mois, peut-être des années, avant de connaître la fin de l’histoire. Bof, ce sont d’abord les illustrations qui m’intéressent, alors c’est pas si grave.

Comme d’habitude, j’ai dû me restreindre afin de ne pas emprunter plus de trois livres ; il faut que j’arrête de lire si je veux continuer à écrire, n’est-ce pas ? Ainsi donc j’ai repris le chemin, mon butin sous le bras.

Qu’est-ce qu’on mange pour souper ?

Mon ventre a commencé à me tirailler et j’ai tout de suite pensé à du sushi. Dans l’espace d’un an et demi, quatre restaurants de sushi ont ouvert leurs portes à Verdun. Le plus récent, Sushi Time, est à moins de dix minutes de marche d’où j’habite. Très pratique. Non seulement est-il près de chez moi, il se trouve de biais avec IGA, l’épicerie à laquelle je me rends la plupart du temps pour faire mes emplettes. Ce qui fait que la tentation est grande de troquer le trouble de faire la cuisine contre un p’tit sushi vite servi.

Ouais…va falloir de la retenue.
Mais lundi passé, j’ai succombé.
Je suis entrée.

C’était ma troisième visite et j’ai décidé de me présenter – Bonjour, je m’appelle Mudd – et de leur demander si je pouvais prendre des photos pour un article à paraître sur mon blogue.

Alex, le propriétaire, et Zara, son assistante, étaient installés à une table, occupés à préparer des piles de menus en vue d’une distribution massive à travers le voisinage. Alex n’a pas hésité un instant avant de m’accorder la permission de photographier les lieux.

Une fois ma séance terminée, et alors que j’attendais mon plat de sushi, il m’a raconté un peu sa jeune vie : sa naissance à Verdun, ses études primaires à l’école Notre-Dame-de-Lourdes, et le fait qu’il lui arrive à l’occasion de reconnaître parmi ses clients d’anciens compagnons de classe, surpris de voir Alex en businessman accompli. Cool !

Alex s’est aussi empressé de me dire que l’enseigne accrochée à l’extérieur du commerce n’est que temporaire. En effet, il attend que les autorités municipales approuvent le type d’enseigne qu’il désire afficher avant d’entreprendre les travaux. Et semble-t-il que l’attente peut être très longue. Je lui ai promis de prendre une photo de la nouvelle enseigne dès qu’elle sera en place et de vous en faire part aussitôt. Je ne pouvais pas faire autrement…il est si gentil !

Pendant qu’on jasait, Vu était derrière le comptoir à préparer ma commande habituelle : un Kappa Maki (concombre) et un Maki à l’avocat. Je prends parfois la soupe Miso végétarienne, mais j’avais eu chaud à marcher tout ce trajet et j’ai préféré laisser faire.

(Je le regretterais une fois arrivée chez moi…*soupir*…il ne fait jamais trop chaud pour une soupe Miso.)

Voici le chef, Vu, avec Alex à son côté.

Et voici le merveilleux festin que j’ai pu savourer – tranquillement pas vite – dans mon joli coin de paradis.

Du bonheur…
Fabriquez-en !

*** Sushi Time est situé au 4537 Wellington, entre Willibrord et la 1ère avenue, à proximité des stations de métro Verdun et de l’Église.

4 juin 2008

Crash aviaire

Classé dans créativité

J’étais donc assise confortablement dans mon fauteuil en rotin, en train de feuilleter des magazines et découper des images pour ma Mappe aux Trésors (du nouveau bientôt, promis-juré), lorsqu’un pigeon est arrivé à pleine vitesse, a accroché ma jardinière suspendue (celle recouverte de tissus rouge), et s’est écrasé sur le plancher, roulant sur lui-même à deux ou trois reprises avant de s’immobiliser, l’air hébété.

Le pauvre a fini par se relever, a dodeliné jusqu’à l’autre bout du balcon, et s’est mis à me dévisager.

Inquiète pour son état, je suis allée vers lui tranquillement pas vite. L’oiseau n’a pas bougé. Lorsque j’ai été assez près, j’ai remarqué qu’il lui manquait un ergot à la patte gauche. Il était évident que ce n’était pas une blessure récente. Ayoye…ce pigeon n’avait pas dû avoir la vie facile. N’était pas particulièrement beau, non plus, ni svelte ni reluisant. Plutôt terne, obèse, il aurait eu besoin d’une bonne douche.

Suis retournée à ma place à l’autre extrémité du balcon. Sauf que je ne pouvais pas m’empêcher d’observer mon visiteur. Incapable de me concentrer sur mon découpage. Le temps passait, il était toujours là, alors j’ai pensé que la politesse serait de lui offrir un snack. Suis rentrée à la cuisine et revenue avec une grosse poignée de graines de sésame rôties. Le pigeon a soudainement retrouvé ses esprits. Il s’est mis à picorer allègrement, s’arrêtant de temps en temps pour m’adresser un regard rempli de gratitude étonnée.

Environ vingt minutes plus tard, j’ai offert un bol d’eau à mon invité.

Pas longtemps après, je lui ai présenté un gros paquet de miettes de pain Kamut biologique.

Éventuellement, il a cessé de manger, s’est soulagé à deux endroits différents, et s’est envolé.

FIN