Méditation couac
Voici la cause de mon coup de poing au ventre d’hier…

Le Compteur du Diable ![]()
Apparamment que j’aurais consommé un excédent d’électricité s’élevant à MILLE QUARANTE-NEUF dollars au cours des seuls mois d’avril et de mai, cette année. Ouais, comme si c’était possible.
Parce qu’il n’y a absolument rien qui a changé ni dans mon cinq pièces et demie, ni dans mes habitudes de vie, qui pourrait justifier une telle augmentation de ma consommation d’énergie :
- j’habite seule (encore plus depuis la mort de Daisy, le 1er avril) ;
- étant végétarienne et mangeant plus souvent qu’autrement mes aliments crus, je n’utilise à peu près jamais ma cuisinière ;
- mon réfrigérateur est un 4.3 pieds cube ;
- mon lavage se fait à l’eau froide ;
- je n’ai pas l’air climatisé et même si je l’avais, ce n’est certainement pas en avril et en mai que je l’aurais utilisé étant donné que le temps commence à peine à se réchauffer ;
- l’automne passé, j’ai changé toutes les ampoules de mon logement pour des ampoules fluocompactes qui m’ont coûté les yeux de la tête ;
- et l’hiver, j’isole mes fenêtres avec du polythène, une corvée qui m’écoeure de plus en plus, d’année en année, mais à laquelle je me plie afin d’économiser argent et énergie.
Alors il est évident que c’est une erreur — ou bien la dame qui a vérifié mon compteur a inscrit les mauvais chiffres, ou bien le compteur est détraqué.
L’homme à qui j’ai parlé au téléphone — au Quartier général d’Hydro-Québec — a dit qu’il se pourrait que ce soit un voisin qui s’est branché à mon compteur et qui utilise ainsi mon électricité. Scénario totalement improbable, que je lui ai répondu. Ça fait vingt-six ans que j’habite ici, les gens dans la coop d’habitation sont mes amis, et je connais suffisamment bien les voisins pour jurer qu’aucun d’entre eux n’oserait même penser à faire un coup pareil.
Après que j’eus plaidé ma cause avec ferveur et éloquence, au lieu d’envoyer quelqu’un vérifier mon compteur, le monsieur m’a envoyé un formulaire que je devrai compléter, pour ensuite faire venir un électricien qui vérifiera mes circuits et mes appareils électro-ménagers et complètera à son tour une section du formulaire, formulaire qu’une fois en leur possession, les gens d’Hydro-Québec étudieront avec soin avant d’en arriver à la conclusion que le rapport présente suffisamment d’indices montrant que le problème ou l’erreur est de leur bord. Et finir par m’envoyer quelqu’un.
C’est à ce moment-là que j’ai pris une série de longues et profondes
respirations peace and love.
C’est à ce moment-là que j’ai pratiqué l’art d’être dans le moment présent : je n’ai pas paniqué, je ne me suis pas projetée dans le futur, je n’ai pas nourri la situation jusqu’à ce qu’elle dégénère en catastrophe du type je-ne-serai-jamais-capable-de-payer-ça-simonac- que-la-vie-est-injuste.
Marche marche marche !
Je suis vite sortie de chez moi, j’ai marché jusqu’à la bibliothèque, j’ai choisi quatre livres (dont trois bandes dessinées drôles), et je me suis réfugiée au bord du fleuve.

Là, cachée dans un de mes coins préférés,
je me suis assise et j’ai relaxé.

J’ai fait ce que j’appelle ma Méditation Couac où je contemple le va-et-vient de ces belles créatures et leur parle, en français et en canard, sans aucune attente de recevoir en retour un signe miraculeux ou une parole de sagesse.
Et je me suis rassurée, avec beaucoup d’amour,
que Tout va s’arranger.
Question du jour :
Pourquoi est-ce que je raconte des histoires de compteurs
et de canards au lieu de m’occuper de ma Purge-Papier ?




