«Ce monde, tel qu’il est fait, n’est pas supportable.
J’ai donc besoin de la lune, ou du bonheur, ou de l’immortalité,
de quelque chose qui soit dément peut-être,
mais qui ne soit pas de ce monde.» - Albert Camus
Le mois passé, mon frère était à Prague.
Si vous ne vous souvenez pas de lui,
voyez les cartes postales 1 et 2.
Je lui ai parlé, aujourd’hui — c’est la fête de son fils Benoît que j’appelais afin de lui casser les oreilles avec un refrain de circonstance. Mais le neveu, il était sorti célébrer ses 20 ans avec les copains… alors la vieille tante du Québec devra attendre son tour.
Tout ça pour vous dire que mon cher frère Robert a été renversé par l’architecture de Prague. C’est avec son ami d’enfance Louis et, bien sûr, leurs épouses respectives, qu’il a parcouru cette «superbe belle ville» pendant 5 jours.
Tellement superbe que les mots lui ont semble-t-il manqué pour exprimer son extase — rien qu’à lire, on voit bien.
Il est loin le temps où, main dans la main,
nous attendions que l’avenir nous transporte
dans des contrées plus exotiques.
De mon côté, j’attends toujours…
Mais ça va venir!
En 1991, à la veille de mes 41 ans,
j’ai décidé que j’allais vivre
jusqu’à 133… MINIMUM.
Un 133 ans pétant de santé,
dans ma tête, dans mon corps,
et dans mon âme.
En plus d’être végétarienne, de manger santé, de faire beaucoup d’exercice et de rire tout au long de la journée, j’ai pensé qu’ajouter une touche de Loi d’attraction à ma routine quotidienne contribuerait à me garder en forme pour les 74 prochaines années.
Avant de poursuivre, il faut que je vous dise : ça fait longtemps que j’ai la face ravagée.
C’est la faute à la vie rock’n'roll que j’ai menée, la dépression qui m’a usée, au soleil que j’ai trop aimé, et à ma défunte mère qui m’a transmis son foutu stock de gènes fripés. Yé.
En ce moment, ce sont les rides autour de ma bouche qui me dérangent le plus. Mais dans pas grand temps, elles se fondront aux rides qui me tailladent le portrait, du front jusqu’au menton.
Autre chose qui me donne l’air plus vieille : mes cheveux.
J’ai eu mon premier cheveux gris à l’âge de 12 ans. À 28, j’avais une crinière sel et poivre. Ces temps-ci, je porte une moppe quasiment toute grise… un gris très pâle (voir photos).
En 2006, ennuyée par ma tignasse poussiéreuse qui, à l’époque, me balayait le dos jusque sous les omoplates, je l’ai fait teindre un beau brun doré. Deux semaines plus tard, réalisant que la vilaine repousse s’acharnerait à gâcher mon look, j’ai acheté un clipper et j’ai tout rasé.
En septembre 2008, sous l’emprise d’une autre crise capillaire, je me suis fait faire des mèches couleur prune. Après avoir répété le processus au mois de décembre et une fois de plus en mars dernier, j’ai choisi de tout laisser tomber et de m’habituer à mon look naturel. Au lieu de repasser sous le clipper, j’attends patiemment que les couettes mauves se fanent et disparaissent.
Donc lorsque j’affirme vouloir vivre jusqu’à 133 ans,
l’esthétique n’est évidemment pas ma priorité.
Dorénavant, ma santé mentale et physique, ma force, mon endurance, ma flexibilité et mon humour-source-de-bonheur sont les points sur lesquels je focalise mon attention afin de garder la meilleure forme possible.
C’est ici que Deepak entre en jeu…
Selon les enseignements de Chopra dans son livre Vivre en rajeunissant – Guide de jeunesse et de longévité, ce que nous croyons être l’expérience normale de vieillissement du corps est conditionnée par nos pensées et notre attitude face au vieillissement.
En changeant mes habitudes de
pensée et de comportement,
je peux modifier l’expérience de
mon corps et de son vieillissement.
Extrait :
LE RÉGLAGE DE VOTRE BIOSTAT
Fermez les yeux. Prenez conscience de votre respiration et relâchez toutes les tensions de votre corps.
Puis repensez aux quinze dernières années
et choisissez l’âge que vous aimeriez avoir
sur le plan biologique.
(Note : J’aurai 59 cette année, alors j’ai choisi 49.)
Ce qui veut dire que vous aimeriez avoir la santé et les facultés physiques et mentales d’une personne de cet âge, que vous voudriez que vos biomarqueurs lui correspondent, et que vous préféreriez paraître cet âge et avoir l’impression de l’avoir.
Cet âge devient votre biostat — une sorte de réglage que vous effectuez dans votre conscience.
De même qu’un thermostat règle la température d’une pièce, votre biostat va orchestrer votre psychologie et votre biologie autour de l’âge que vous avez choisi, ce qui va se réaliser grâce aux mécanismes suivants :
Votre intention de maintenir le réglage du biostat que vous avez choisi va directement influer sur l’énergie, la transformation et l’intelligence de votre organisme. Elle agit sur votre biochimie grâce à sa puissance formatrice infinie, illustrant ainsi le principe téléologique selon lequel le résultat souhaité régit les mécanismes biologiques qui vont permettre sa réalisation.
Garder ce biostat en tête va influencer votre pensée, votre humeur et votre comportement et va renforcer votre intention de maintenir ce nouveau réglage de votre biologie. Quand vous l’aurez choisi, nous vous conseillons de vous le remémorer cinq fois par jour en pratiquant le rituel suivant au réveil, avant le petit déjeuner, avant le déjeuner, avant le dîner et au coucher : fermez les yeux et répétez-vous mentalement chacune de ces phrases au moins trois fois :
À chaque instant sur tous les plans,
j’améliore mes facultés mentales et physiques.
Mon biostat est réglé sur ___ ans.
C’est l’âge que je parais
et c’est celui que je ressens.
Après avoir accompli ce rituel pendant quelques jours, vous commencerez vraiment à penser et agir selon votre biostat. Toutes vos habitudes seront influencées et, ce qui est encore plus important, les sensations associées à votre âge biologique se mettront à changer. Vous vous fierez de plus en plus à votre biostat et à sa puissance formatrice, et cette nouvelle conviction modèlera votre nouvelle biologie.
Croyez-moi,
ÇA MARCHE !
Essayez-le et vous m’en donnerez des nouvelles. KEEP ON ROCKING IN THE FREE WORLD
Aujourd’hui… à 2h45 ce matin…
le plus jeune de mes deux fils
a eu 30 ans.
Il est né dans cette vieille maison plantée au fond d’un rang, dans une localité que j’aime appeler — pour me défouler — «Poche d’Air», Comté de Lotbinière.
La photo ci-haut fut prise l’année précédant la naissance de Vincent. Au mois de juin 1978, mon mari-dans-l’temps et moi-même avons quitté la ville pour effectuer un retour aux sources : nous allions vivre la vie peace & love dans notre maison rouge & blanche qui avait un poêle à bois ET un foyer Franklin, mais ni bain ni eau chaude.
Voyez, c’est mon mari-dans-l’temps qui enlève la pancarte «À vendre», et mon fils-unique-à-l’époque qui pose pour la postérité.
Assis sur la galerie de notre Our House Is A Very Very Fine House, nous avions une vue prenante sur les champs et, au bout de ceux-ci, à un mille et quelques poussières de nos 60 arpents de terre, le beautiful Downtown Poche d’Air avec son église majestueuse et vide, sauf les dimanches et jours de fête.
Quand le soleil brillait, ça donnait des tableaux bucoliques.
Quand il pleuvait, ça donnait des trous d’boue.
Alors donc, Vincent est né un vendredi froid et pluvieux, dans la petite pièce du haut, au bout de l’escalier.
Tout s’est déroulé dans ce lit que nous avions dépouillé jusqu’au matelas pour ensuite le recouvrir d’un grand plastique en vue de la rupture des eaux. Et rupture il y eut : Huguette, la sage-femme, fut abondamment arrosée et dut endurer son look trempé jusqu’à la fin de l’évènement.
Avec toute l’action qui se déroulait à l’étage — pas de cris, juste de gros efforts et beaucoup de rires — Sébastien a fini par se réveiller mais il était trop impressionné pour sortir de sa chambre. Il a attendu en silence que Vincent soit éjecté du canon, puis il s’est approché de la scène du miracle — ébahi — pour voir son bébé frère flambant neuf étendu sur le ventre de sa maman flambant nue.
Ma mère aussi avait choisi de sauter l’étape de l’expulsion. Elle se tenait occupée en bas, dans la cuisine, sifflant sans relâche afin de conserver son calme : accoucher à la maison, à un mille et quelques poussières du milieu de nowhere, n’était pas son idée de la vie au 20ième siècle. Mais une fois que tout fut terminé et que personne n’était mort, elle a mis Les quatre saisons de Vivaldi sur la table tournante (selon mes directives) et est montée nous rejoindre avec, dans chaque main, une assiette où s’empilaient d’épaisses tranches de pain rôties garnies de ses fameux cretons maison.
Huguette est sortie chercher la bouteille de mousseux qui était restée au froid sur la banquette arrière de son auto ; dans la pénombre de la chambre principale, autour du lit de fer antique, nous avons trinqué à la santé du nouveau joueur.
Ce qui fait que la photo que vous voyez là-haut fut prise deux jours après la naissance de Vincent ; le lit avait été refait, ma mère était retournée chez elle dans le patelin voisin, et j’avais perdu 17 des 19 livres gagnées au cours de ma grossesse.
Je perdrais vite les 2 livres restantes à monter et descendre l’escalier pour allaiter mon petit ogre affamé.
Nous voici, l’année suivante, lors de MES 30 ans. C’est maman, la tête coupée, qui tient Vincent ; on peut dire que l’allaitement maternel lui avait réussi, n’est-ce pas ?
Finalement, voici ce que 30 ans ont fait de mon enfant…
6’2″ et de plus en plus beau avec chaque jour qui passe.
Je t’aime
xoxo
ÉPILOGUE
Au mois de février 1981, nous avons regagné la ville.
Devenue monoparentale, j’avais hâte de changer d’air.
Parce que même si la venue de Vincent fut un cadeau du ciel,
le reste de mon épisode rural fut un enfer !
Ai reçu une carte postale de mon frère Robert, aujourd’hui.
Ouep, il est à Venise.
Du moins, il l’était ; en ce moment, il est sans doute
de retour chez lui, en Belgique.
Je vous ai parlé de lui, l’année passée — il m’avait envoyé une carte postale de Camargue, en France.
Et je gage que cette courte escapade en Italie n’est pas le seul voyage qu’il fera cette année ; je suis certaine qu’il reprendra à nouveau la route pour ses vacances d’été. Parce que c’est ça l’avantage d’habiter en Europe : on est à proximité d’une myriade d’endroits fascinants à visiter.
Voici ce qu’il avait à me dire (pour ceux qui ne le savent pas, «Mudd Lavoie» est mon vrai nom ; «Oza Meilleur», c’est mon alter ego) :
Je te raconterai ?! S’il ne m’a pas donné de nouvelles d’ici demain 15h00, soit 21h00 en Belgique, je vais l’appeler moi-même car j’ai trop hâte d’entendre ses impressions de Venise et de savoir pourquoi il recommande de n’y aller qu’une fois. Mystère…
En tout cas, c’est toujours un grand bonheur pour moi de recevoir une carte postale de mon beau Bob ; je ne l’ai pas vu depuis février 2004 alors qu’il était venu à Montréal et qu’on s’était retrouvé en gang pour fêter ses 50 ans.
OUI, il me manque beaucoup — il est tellement FOU. J’ai une photo de lui, dans mon bureau ; quand je travaille à l’ordi, je m’arrête souvent pour le regarder…
Il est assis à une terrasse, au Portugal,
devant une bonne Carlsberg bien froide.