Je suis reconnaissante envers Vincent Van Gogh parce qu’il fut le premier artiste à m’inspirer.
Mudd Lavoie — dessin inachevé (encre noire) fin années 70
Dans les années 70 et 80, j’ai passé beaucoup de temps à lire sur la vie de Van Gogh et à tenter de reproduire ses dessins, ses peintures, son style. Je sentais aussi une profonde connection avec lui parce qu’il était un être émotionnellement perturbé et brisé — je n’étais plus SEULE.
Je suis reconnaissante envers Billie Holiday parce qu’elle avait un talent phénoménal et que sa voix m’émouvait, me chavirait. J’ai passé d’innombrables journées et surtout d’innombrables nuits, noyée dans l’alcool, à écouter ses disques, à chanter avec elle… chaque chanson un coup de poignard dans mon coeur déjà meurtri. (Tuez-moi, quelqu’un !) Bien sûr, je sentais aussi une profonde connection avec Billie parce qu’elle était un être émotionnellement perturbé et brisé.
Je suis reconnaissante envers Jack Kerouac parce que j’ai été renversée par son style d’écriture dans « On The Road » et aussi… vous me voyez venir, n’est-ce pas… je sentais une profonde connection avec lui parce qu’il était un être émotionnellement perturbé et brisé.
Je suis reconnaissante envers Bette Davis parce qu’elle était une TRÈS GRANDE actrice.
Bien sûr, je sentais aussi une profonde connection avec les personnages émotionnellement perturbés et brisés qu’elle incarnait dans ses films, en particulier son rôle de Charlotte dans Hush… Hush, Sweet Charlotte parce qu’elle était radicalement FOLLE À LIER.
Je suis reconnaissante envers tous les artistes émotionnellement perturbés, passionnés, brisés, fous, lunatiques, déprimés, suicidaires, capotés qui partagent leurs talents, leurs pensées, leurs oeuvres, et se dénudent devant nous corps et âme parce que c’est réconfortant de réaliser que certaines personnes sont PRESQUE aussi folles que moi. HA!
de gauche à droite sur la photo — Gabriel Nadeau-Dubois, porte-parole de la Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) ; Martine Desjardins, présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) ; Léo Bureau-Blouin, président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ).
Il était temps = le conflit en était alors à sa ONZIÈME semaine.
25 avril — Le gouvernement rompt les négociations. Ça brasse à Montréal. Les casseurs se font aller. La police fesse dans l’tas. 85 arrestations.
27 avril — Par le biais des médias, le gouvernement Charest propose d’étaler sur 7 ans au lieu de 5 la hausse des droits de scolarité. Mais les étudiants savent calculer et se rendent vite compte qu’en bout de ligne la hausse totale passerait de 75% à 82%. La proposition est mal reçue. Les manifestations se poursuivent.
1er mai — En conférence de presse, la FECQ et la FEUQ déposent une contre-offre. La ministre Beauchamp qualifie cette contre-proposition de simple «justification» des revendications traditionnelles. Les manifestations se poursuivent.
3 mai — La CLASSE reprend la contre-proposition de la FECQ et de la FEUQ et suggère des moyens pour financer l’enseignement : le rapatriement de 142 millions $ de fonds consacrés à la recherche et l’abolition de la publicité des universités (18 millions $). Les manifestations se poursuivent.
4 mai — Craignant les manifestations, le Parti libéral du Québec déménage son Conseil général de Montréal à Victoriaville. Les manifestants sont au rendez-vous et ça vire à l’émeute. Les violents affrontements font de nombreux blessés. Un jeune manifestant, Maxence L. Valade, co-porte-parole de l’Association étudiante du Cégep de Saint-Laurent, perdra l’usage d’un oeil.
5 mai — Une entente de principe est conclue. Les assemblées étudiantes la rejettent massivement. Les manifestations se poursuivent.
10 mai — Bombes fumigènes dans diverses stations de métro à Montréal. Interruption de service en pleine heure de pointe matinale. Prises en photos par des usagers du métro, 4 personnes se rendent à la police. Les manifestations se poursuivent.
14 mai — Line Beauchamp démissionne de son poste de ministre de l’Éducation et quitte la vie politique.
Michelle Courchesne est nommée ministre de l’Éducation. (PHOTO : radio-canada.ca)
Les manifestations se poursuivent.
17 mai — Jean Charest et son gouvernement libéral présentent le projet de loi 78. Les manifestations se poursuivent.
18 mai — La loi 78 est adoptée. C’est la consternation. À son tour, Montréal adopte un règlement municipal interdisant le port de masques durant les manifestations. Ces deux gouttes vont faire déborder le vase…
La crise étudiante devient une
crise de société.
19 mai — Le mouvement des «casseroles contre la loi 78» fait entendre son premier tintamarre : on en a marre ! Un groupe facebook est créé. Les concerts se multiplient à Montréal. Bientôt, le bruit court partout dans la province. Les manifestations s’intensifient.
22 mai —Montréal : une manifestation monstre souligne 100 jours d’impasse.Un total de 518 arrestations à la 30e manifestation nocturne. Le compte-rendu de La Presse ne fait pas état des nombreux témoignages que j’ai pu lire sur Facebook. Les gens ont été retenus pendant plus de 4 heures, les mains attachées derrière le dos. Une dame a uriné dans sa culotte. Une autre, âgée de 60 ans et diabétique, a imploré les policiers de la libérer afin qu’elle puisse prendre ses médicaments ; au bout d’un certain temps, elle a perdu connaissance et a dû être transportée en ambulance.
Devant l’écran de mon téléviseur ou devant l’écran de mon portable, je deviens — tout au long des jours et des soirées — le témoin d’actes insensés.
Heureusement qu’il y a les casseroles !
(PHOTO : Bernard Brault, LA PRESSE)
23 mai — À travers le Québec, les gens sont de plus en plus nombreux à prendre la rue pour faire entendre leur ras-le-bol du gouvernement Charest. Des milliers de casseroles dans la rue.
25 mai — Ailleurs au Canada et un peu partout dans le monde, les gens appuient le Printemps québécois… le Printemps érable. Le «carré rouge» se promène entre autres endroits à Cannes, à Paris, à New-York, à Hollywood.
28 mai —À Québec, le gouvernement et les leaders étudiants sont de retour à la table des négociations. Et pour la première fois depuis le début du conflit le 13 février 2012, après 106 jours de grève ponctués par les incessantes réprimandes de la chef de l’opposition et chef du Parti québécois Pauline Marois, après avoir entendu celle-ci répéter ad vitam aeternam que le premier ministre «porte le CARRÉ DE LA HONTE» (je n’en pouvais plus de l’entendre dire ça), le premier ministre Jean Charest se présente enfin à la table. Le peuple est sur le qui-vive. Les manifestations se poursuivent.
Salvador Domingo Felipe Jacinto Dalí i Domènech, 1er marquis de Púbol — alias Salvador Dalí — est né le 11 mai 1904 à Figueres, en Catalogne.
Un de ses plus célèbres tableaux, La Persistance de la mémoire,
fut créé en 1931.
Un de mes plus célèbres tatouages fut créé en 1996.
C’est aussi, à mon avis, le plus beau des logos : le signe de PAIX.
Et il est tatoué sur mon bras gauche… à la manière de Dali.
* * *
P.S. : Dali continue de créer du ravage « ailleurs » dans l’Univers
depuis le 23 janvier 1989.
33 ans aujourd’hui que mon Vincent se nourrit de musique…
— * — BONNE FÊTE VINCENT ! — * —
Faudrait plutôt dire 33 ans et 9 mois, car tout au long de ma grossesse, il a eu droit à un maudit bon mix de rock’n'roll.
Dans nos moments plus intimes, quand je me berçais en caressant ma bedaine, je lui chantais Circle Game de Joni Mitchell — c’était «notre chanson». Après sa naissance, j’ai vite réalisé que Vincent s’en souvenait ; dès qu’il l’entendait, il devenait très calme et s’endormait souvent avant la fin du dernier couplet.
Excusez mon arrière-train usé d’la fesse gauche, mais c’est la seule photo qui existe de nous deux avec le système de son que nous avions à l’époque.
La scène se passe en novembre 1980 dans la maison de campagne où Vincent est né. Vous remarquerez la grosseur du speaker derrière moi ; une paire de colonnes comme ça, avec des woofers de 12 pouces, ça crachait en s’il-vous-plaît ! Le p’tit Vincent était sûrement en train de me donner sa liste de demandes spéciales…
Adolescent, Vincent a appris à jouer la basse, la guitare, la batterie. Mais même sans instrument, Vincent chantait tout l’temps.
Pour ses 33 ans, c’est lui qui m’a offert un cadeau. Après des années à lui dire qu’il devrait s’enregistrer, la semaine passée j’ai eu la surprise de voir qu’il s’était enfin décidé. Je sais à quel point ça lui a pris du guts — whattago, Vinnie Baby !
Alors sans plus tarder, je suis très fière de vous présenter mon fils Vincent qui va interpréter sa version de Hunger Strike du groupe Temple of the Dog.
P.S. : Il se peut qu’une personne très spéciale vienne voir ce billet. Il s’agit d’Huguette Boilard, la sage-femme qui a opéré sa magie dans la nuit du 27 avril 1978. Si tu es là, Huguette, MERCI ! Je t’aime et j’ai super hâte de te revoir.