Archives pour la catégorie famille

13 août 2008

Carte postale de Bobby Baby

J’ai reçu une carte postale
de mon frère Robert.
Bonheur total !

Robert a déménagé sa vie en Belgique, en 1981, afin d’être avec son amoureuse — que je ne nommerai pas ici — avec qui il a fait deux beaux garçons qui demeureront également anonymes pour une évidente question de discrétion.

Quant à mon frère…eh bien…si tu lis ceci, Robert, j’ai d’abord pensé à changer ton nom pour celui de Léonard — Léo pour les intimes — mais je ne suis confortable que si je t’appelle Robert ou Bob ou Bobby Baby, alors tue-moé. :-)

Chaque été, mon frère et sa famille voyagent vers de nouvelles contrées. Ces dernières années, ils ont visité différentes régions de la France et cette fois, c’est la Camargue qui a eu l’honneur de les voir débarquer dans le coin.

Comme vous pouvez le lire en grosses lettres carrées, ils ont eu du fun malgré la chaleur et les bibittes. Vous voyez aussi qu’il a promis de m’appeler en rentrant.

Allôôôôôô ?

Il doit attendre à samedi,
pour ma FÊTE, right ?

Je ne savais pas que les flamands étaient si populaires et populeux dans cette partie du monde. Pour illustrer sa page sur la Camargue, Wikipedia — que j’ai consulté afin d’écrire ce même article, mais en anglais, pour mon autre blogue — montre une photo presque identique à celle de ma carte postale…sauf pour la maison en moins et les algues en plus. Mais les flamands, eux, même chorégraphie.

Tout ça pour vous dire que je suis toujours heureuse quand je reçois une carte postale de mon cher frère. Un moment donné, je vous montrerai les piles de cartes et de lettres qu’il m’a envoyées au cours de ses nombreux voyages. Ça va d’ailleurs faire partie de ma Purge-Papier — relire, placer en ordre chronologique, et fabriquer un beau gros scrapbook : BOB SUR LA GO.

Voici maintenant la question du jour :
Est-ce que vous conservez précieusement
les cartes et les lettres qu’on vous envoie ?

10 août 2008

Vedder, Volks et rêve bizarre

Classé dans bonheur, famille

Eddie Vedder

J’ai assisté à son concert, hier soir.

Avec le plus jeune de mes deux fils
qui m’a offert ce cadeau pour mon
anniversaire
(samedi prochain…le 16).

JE T’AIME, Vincent !

Je ne vais même pas essayer de vous expliquer à quel point la soirée fut émouvante. Mais laissez-moi vous dire ceci : Vedder nous a parlés tout au long du spectacle, entre chacune de ses chansons ; nous a entretenus sur l’amour, la guerre, la paix, blaguant très souvent et se moquant gentiment de certains spectateurs un peu fatigants qui s’épou- monnaient à crier « Eddiiiiiiiiiie » au début du show. On avait l’impression d’être une gang d’amis, assis autour d’un feu. Il nous a tellement remplis de son esprit qu’à un moment donné, c’est devenu quasiment une expérience transcendantale.

Et la beauté dans tout ça, c’est que la sensation persiste…

Il est probable que j’aurai quelques photos à vous montrer — bientôt, j’espère. Le gars qui était assis à côté de moi, accompagnée d’une charmante demoiselle, a eu la chance d’en prendre plusieurs avant de se faire avertir par un garde de sécurité. Alors je croise les doigts…et je garde l’oeil sur ma boîte de courriels.

La musique aussi était bonne, of course ! ;-)
Liam Finn a fait la première partie, puis
à la fin, il s’est joint à Eddie pour quelques
numéros qui ont fait sauter la baraque.

On était au ciel, Murielle !

Rêve bizarre

Quand je me suis réveillée, ce matin, je sortais d’un rêve qui me préoccupe encore. Je me souviens que je passais ma main dans mes cheveux, sans arrêt, et qu’à chaque fois, j’en arrachais de grosses poignées. Alors que je commençais à m’inquiéter, que j’étais presque sur le point de paniquer, je me suis réveillée. Quelqu’un a-t-il une idée de ce que ça peut bien vouloir dire ? Peut-être suis-je due pour un rendez-vous chez la coiffeuse.

Coccinelle VW

Me suis rendue à la bibliothèque, jeudi passé — à pied, comme d’habitude — en empruntant un chemin que je n’avais pas pris depuis longtemps, soit le boulevard Champlain, de la rue Gordon jusqu’à la rue Brown.

Bonne idée, car j’ai croisé cette Volkswagen qui se reposait — toute cool, toute bleue, toute décapotable — sur le bord du trottoir. L’Univers me procure constamment de délicieuses rencontres…des bonbons pour les yeux qui alimentent mon bonheur.


P.S. : Avez-vous l’impression qu’elle lévite ?!!

27 juillet 2008

En route pour le Camp Micmac

Classé dans bonheur, famille

Je pars cet après-midi pour aller rester chez mon garçon,
en banlieue de Montréal.

Je vais passer la semaine avec mes petits-fils – Samuel, qui vient d’avoir 6 ans, et Benjamin, qui aura 5 ans au mois de septembre – afin que leurs parents puissent s’enfuir dans les montagnes pour du repos et un peu de romantisme.

J’ai donc raconté à mon duo de dynamite qu’ils allaient faire partie du Camp Micmac – dont je serai le commandant en chef – et qu’ils devaient se préparer à vivre des aventures qui leur feront parfois dresser les cheveux sur la tête.

Eh bien maintenant que j’ai créé d’aussi grandes attentes, j’ai besoin d’avoir suffisamment d’idées brillantes pour captiver mon public, non stop, pendant sept jours.

C’est pourquoi j’apporte mes *instruments magiques* : des maracas, mon djembé de Cuba (construit par un célèbre vieux *shaman* dont l’histoire reste à inventer), et, bien sûr, ma *flûte enchantée*.

Mais Sam et Ben ont surtout hâte de voir
ce qui se cache dans mon panier…

LE COBRA !

Je l’ai trouvé dans un magasin d’articles usagés, il y a trois ans, j’ai payé ça deux dollars – tout un bargain, n’est-ce pas ? Quand on enlève le couvercle, le cobra surgit, la tête agitée de spasmes, et se met à se tortiller comme un vrai serpent. Je me fie sur lui pour faire du Camp Micmac un franc succès, avec, en complément de programme, une série de chants tribaux improvisés et mes redoutables états de transe entraînés par l’absorption de tisane à la menthe.

Avec tout ce branle-bas, je ne sais pas si j’aurai le temps de venir faire un tour sur internet, encore moins d’écrire un article. Mais j’essayerai peut-être de transformer ça en mission secrète…comme quoi je dois me rapporter au quartier général de Chihuahua, ou quelque chose du genre. On verra.

Adios Amigos !

15 janvier 2008

Edmond fait son entrée

Classé dans dessins, famille, mon histoire

L’année 1918 débute un mardi.

Le Monde a beau être en guerre depuis plus de trois ans, la vie – elle – continue. Le 1er février, la Russie troque son calendrier julien contre le calendrier grégorien. Le 6 février, Gustav Klimt meurt. Le 19 mars, le Congrès américain adopte l’heure avancée de l’est – qui entrera en vigueur le 31 du même mois – et le 29 marque la naissance de Sam Walton, fondateur de Wal-Mart.

Le 6 avril – un samedi matin plutôt frisquet mais ensoleillé, avec quelques passages nuageux – Meldrude se résigne à faire face à la musique : après cinq mois, le bébé est collé pour rester, aussi bien l’accepter, que Votre volonté soit faite, bon Dieu de bon Dieu, elle est enceinte.

Installée à la table de cuisine où elle désosse avec ardeur les pattes de cochon pour le ragoût du souper, Meldrude coupe et poignarde la viande avec une furie renouvelée quand vient le moment d’annoncer la nouvelle à son mari. Théodore, craintif, silencieux, effacé, qui voit s’épaissir depuis quelques semaines la taille de sa femme, tousse un bon coup avant de quitter sa chaise berçante et passer le plus vite possible devant la table pour aller mettre une bûche dans le poêle.

Meldrude détache son attention de ses pattes de cochon le temps de lancer un regard dur, dégoûté, en direction de son mari, voulant à tout prix lui faire comprendre à quel point elle lui en veut pour ce maudit lundi soir (le 26 novembre 1917, elle s’en souviendra toujours) lorsqu’il est rentré complètement bourré d’avoir fêté la création de la Ligue nationale de hockey. Ce n’est pas l’état d’ébriété de son mari qui l’a dérangée. Non. C’est le fait qu’il lui ait demandé, avec son air de chien battu et ses yeux remplis de larmes, de lui accorder la faveur qu’elle s’évertuait à lui refuser depuis trop longtemps, elle le savait bien, depuis au moins six mois, si elle avait bonne mémoire. Meldrude, se sentant soudainement coupable, a fini par accomplir son devoir conjugal.

Le 2 mai, General Motors devient propriétaire de la Chevrolet Motor Company du Delaware. Dans la nuit du 16 au 17 juillet, l’Empereur Nicolas II de Russie et sa famille sont exécutés à Iekaterinbourg. Le 18 juillet, Nelson Mandela vient au monde.

Quand arrive le mois d’août, la grippe espagnole est rendue au stade de pandémie ; on déplore des centaines de milliers de morts à travers la planète. Meldrude, déjà très dédaigneuse de nature pour tout ce qui est bibittes et microbes, a pris l’habitude de passer le plus clair de ses journées dans le bain, trempant dans de l’eau tiède à laquelle elle ajoute une demi-tasse de bicarbonate de soude, trois cuillères à soupe d’acide borique, un gros morceau de camphre, et une pinte d’eau bénite qu’elle se fait livrer, à raison de deux gallons par semaine, directement de la basilique de Sainte-Anne-de-Beaupré. C’est son cousin Armand, un cultivateur de la région, qui se rend la quérir pour elle, confiant ensuite la précieuse cargaison à son beau-frère, un employé des chemins de fer, qui a pour mission de l’acheminer à sa destinataire. Voici donc que le lundi 5 août, à 4 heures et 28 minutes de l’après-midi, Meldrude a sa première contraction, suivie immédiatement de l’expulsion du bébé qui s’échappe d’elle comme une truite d’un filet de pêche, et se met à nager, gluant et ensanglanté, entre ses jambes toutes tremblotantes.

Une fois le choc et l’horreur passés, Meldrude empoigne l’enfant – un garçon – et sort du bain en prenant soin de ne pas s’entortiller les pieds dans le cordon ombilical. Avant d’alerter son mari et ses autres rejetons, qui sont dehors à faire ce qu’ils font d’habitude à cette heure-là, elle n’en a aucune idée et elle s’en fout, Meldrude coupe le cordon, enroule le bébé dans une serviette, enfile sa robe de chambre, se poudre le nez, et décolle une à une les mèches de cheveux qui lui tapissent le front pour ensuite les sculpter, une à une toujours, en forme de jolies petites bouclettes bien serrées. N’en pouvant plus d’entendre l’enfant pleurer, elle abandonne l’idée de s’appliquer du fard à joues et empoigne à nouveau le marmot qu’elle trimballe dehors, au grand soleil de fin de journée, afin de crier du haut du balcon pour que tous les voisins l’entendent, « V’là ton gars, Théo. Monte vite t’en occuper ! »

Le 11 septembre, les Red Sox de Boston ont raison des Cubs de Chicago et remportent les Séries mondiales. Le 17 octobre, Margarita Carmen Cansino, mieux connue sous le nom de Rita Hayworth, voit le jour à Brooklyn, New York, la fille de Eduardo Cansino, danseur de flamenco, et de Volga Hayworth, une Ziegfeld girl. Puis c’est la bonne nouvelle, alors que le 11 novembre marque la fin de la Première Grande Guerre ; plus de 25 millions de personnes sont mortes de la grippe espagnole au cours des six derniers mois, soit presque deux fois le nombre de personnes décédées pendant la guerre.

L’année 1918 se termine un mardi.

P.S. : L’enfant s’appelle Edmond, en l’honneur de son arrière-grand-père, un éleveur de poules qu’on disait grand charmeur de même que minable voleur.

29 décembre 2007

Stardust

Classé dans famille, mon histoire, vidéos

29 décembre 1949

17h53

Ce que Violette ressent depuis plus d’une semaine ; ce que Meldrude voit dans ses feuilles de thé depuis les deux dernières journées ; ce que je deviens, tranquillement pas vite, depuis bientôt deux mois et demi ; tout ceci est validé, confirmé et expliqué en l’espace de deux minutes et quart grâce à un appel du bon Docteur Hamel : Violette attend un bébé.

Violette dépose le combiné, s’envoie un sourire dans le miroir au-dessus du canapé, et s’empresse de retourner dans la cuisine où Meldrude – à la recherche du pilon à patates – est en train de foutre le bordel dans le tiroir à ustensiles. Violette, qui s’était précipitée pour prendre l’appel – pilon à la main – tasse gentiment la vieille femme et se remet à la tâche avec une ardeur renouvelée, ajoutant une généreuse portion de lait et deux bons gros morceaux de beurre à la mixture veloutée.

Théodore sort des toilettes, allume sa pipe, tousse un bon coup, crache dans l’évier, s’écrase dans sa chaise berçante, et finit par demander, la tête tremblante, « C’était qui, au téléphone ? »

Après avoir saupoudrer ses patates de poivre et de sel, Violette remet le chaudron sur le poêle, se tourne vers ses beaux-parents, brandit son ustensile, et annonce fièrement, « Je suis en famille. »

18h15

Georges (le frère de Violette) et Thomas (leur cousin) rentrent d’une autre grosse journée de travail à l’usine de parapluies. Une fois leurs mains lavées, ils s’installent à table et c’est là que Violette leur lance la bonne nouvelle. Patates, petits pois et hamburger steaks font le tour des assiettes dans une atmosphère de rires et d’allégresse.

19h38

Violette a lavé la vaisselle et est en train de plier le lavage qui a séché toute la journée sur les cordes, dans le passage. Elle espère qu’Edmond ne travaillera pas trop tard, et qu’il rentrera peut-être tout droit à la maison sans faire son détour habituel par la taverne. Il était tellement découragé, l’année dernière, quand ils ont perdu leur fils. Elle pense que c’est la raison pour laquelle son mari passe son temps à boire avec ses chums et que ça expliquerait même son air distant et son manque d’hygiène.

Décidément, ce bébé pourrait exaucer toutes ses prières.

19h46

La porte sonne. C’est Alice, la belle-sœur de Violette. Son mari, Henri, est le frère d’Edmond. Il est aussi son patron. En tant que contracteur, Henri s’occupe de la rénovation des salles de cinéma et des clubs de nuit un peu partout sur l’île de Montréal. Il appelle Edmond son « bras droit », mais en réalité, Edmond est aussi le bras gauche, la tête, le peintre, le menuisier et le contremaître ; il se tape tout le travail.

Violette aime bien son beau-frère, mais elle déteste sa belle-sœur. Elle la trouve arrogante, condescendante et totalement emmerdante.

Sans jeter ne serait-ce qu’un coup d’œil aux autres membres de la famille, figés sur leurs sièges, Alice ordonne à Violette de mettre son manteau – « Fais ça vite, le moteur roule ! » – elles se rendent à Côte Ste-Catherine, de l’autre bord du fleuve, où Alice a quelque chose à montrer à sa belle-sœur.

20h17

Traînant Violette par la manche de son manteau, Alice fonce à l’intérieur du Pink Flamingo, ignore bêtement le doorman (qui tend la main) et la fille du vestiaire (qui agite un cintre dans les airs), puis envoie revoler un palmier en plastique avant de fendre la foule et terminer sa course, Violette à ses trousses, en plein devant l’orchestre. Essoufflée, enragée, Alice pointe un doigt accusateur vers le milieu de la piste de danse, et c’est là que Violette aperçoit, dans les bras de ce que sa belle-mère appellerait une « cocotte », son Edmond qui danse langoureusement au son de Stardustleur chanson.

20h18

Le tremblement d’utérus qui s’ensuit est tellement puissant que j’ai peur de voir mes 4 mm de chairs fragiles se déchiqueter à tout jamais.

Eh bien…ça promet !


22 décembre 2007

Je vous présente Eddy et Violette

Classé dans dessins, famille, road trip, vidéos

Oké…la van est réparée et nous voici au Bardo Drive-in à attendre le début du film.

Les chiens sont couchés à nos pieds, tout le monde est bien installé, le popcorn se promène d’un bord et de l’autre…action !

Ma conception

Edmond pénètre Violette, sans aucun prélude, à 22h28, le 19 novembre 1949, au moment même où la radio fait entendre Frankie Laine et son grand succès du jour, Mule Train.

Mule train!!
(Hyah, hyah)
Mule train!!
Clippety cloppin’ over hill and plain…

Eddy est soûl, paqueté. Étant donné qu’il est marié à Violette depuis plus d’un an, il a cessé de faire sa toilette régulièrement et dégage une forte odeur de sueur et de centaines de cigarettes. Son haleine trahit un mélange de dents pourries, de chou bouilli, et de rots de bière. Violette tourne la tête de côté afin de contempler l’appareil radio – un Emerson Aristrocrat – qui trône sur la table de chevet. « C’est tellement un beau rouge…je suppose qu’on peut appeler ça rouge cerise », qu’elle se dit tout bas, et souhaiterait pouvoir changer de poste et peut-être tomber sur la chanson de Dinah Shore, Buttons And Bows. Mais non.

Mule train!!
(Hyah, hyah)
Mule train!!
Clippety cloppin’ o’er the mountain chain
Soon they’re gonna reach the top, clippety clop, clippety clop…

Violette tourne la tête de nouveau et s’arrête quelques instants – le temps de voir Eddy, son regard bleu poudre, vitreux, rivé sur elle mais totalement absent – puis continue son mouvement circulaire jusqu’à l’autre côté du lit. Fixant la porte de la garde-robe, légèrement entr’ouverte, elle remarque le bout de sa vieille pantoufle en satin rose ; elle se souvient avoir vu le pied gauche traîner sous le canapé, le matin même, alors qu’elle passait l’aspirateur sur le tapis du salon. Ses yeux se promènent ensuite du côté de la grosse commode art-déco, cadeau des beaux-parents, dont le miroir est craqué et tout taché. La chaise qui se trouve à côté a disparu sous la pile de linge sale, une pile si haute que certains morceaux ont déboulé sur le plancher – des bas, surtout, et des caleçons. « Je vais faire le lavage tout de suite en me levant » qu’elle décide, et espère qu’elle se rappellera de sortir le balai pour enlever la grosse toile d’araignée qu’elle aperçoit au plafond. Elle se demande comment elle a bien pu faire pour ne pas la voir avant ce soir, la toile doit mesurer au moins huit pouces de diamètre et pend juste au-dessus de la porte qui mène à la cuisine.

Mule train!!
(Hyah, hyah)
Mule train!!
Clippety cloppin’ through the wind and rain
They’ll keep goin’ till they drop, clippety clop, clippety clop…

Accélérant la cadence, Eddy se remémore la prostituée qui lui a prodigué ses bons services, la veille, dans le camion Ford pick-up de son frère ; la manière dont ses cheveux roux, crêpés et raides de spraynet, frottaient sur sa bedaine de bière. Cette pensée le rend fou et il se raidit aussitôt, puis donne quelques coups saccadés avant de se soulager en grognant, la bouche grande ouverte, une longue traînée de salive s’étirant jusque dans l’oreille et le cou de Violette, qui demeure froide et impassible pendant que son mari s’effondre enfin et s’endort, ronflant et pétant allègrement.

Get along, get along, get along…

Alors que résonnent les dernières notes de la chanson, le spermatozoïde d’Edmond s’introduit dans l’ovule de Violette.

FIN

(Ou devrais-je plutôt dire…le début.)