1 avril 2013
Jour de Pâques vraiment tranquille, hier. Mon fils Vincent travaillait à la Station Mont-Tremblant, ce qui fait qu’on n’a pas pu descendre en ville pour les festivités en famille. Depuis que je suis dans le nord, j’ai manqué pas mal de fêtes… et ça commence à me peser sur le coeur. Mais bon, c’est la vie, et cette vie va bientôt prendre une nouvelle tournure — restez à l’écoute.
Déterminée à ressusciter ma bonne humeur, je suis allée promener ma solitude, direction downtown St-Jovite. Après une visite chez Jean Coutu pour acheter deux minis oeufs Cadbury — à dévorer dans la soirée —, j’ai décidé de m’offrir un festin fast food à La Roulotte dont les portes sont à nouveau ouvertes depuis le 1er mars, signe que le printemps est arrivé. Yé !

Le propriétaire, qui a préféré ne pas être photographié (dommage, car c’est un sacré bel homme), m’a raconté — après que je lui ai dit que ses frites étaient les meilleures frites au monde — que j’avais là le résultat de 35 ans d’expérience dans la confection de patates frites… rien de moins. Son parcours a débuté à Senneterre, en Abitibi, où il possède toujours son premier commerce, et ces derniers 10 ans, il a mis ses énergies au profit de sa Roulotte de St-Jovite, perfectionnant sans cesse sa recette de sauce barbecue = absolument délicieuse !

Malgré la présence de 10 chauds degrés Celsius à l’extérieur, j’ai opté pour une table à l’intérieur, collée sur le bord des fenêtres. Le soleil m’a offert un beau cadeau : perçant les nuages juste pour moi, il m’a accompagnée tout au long du repas. J’ai pu étirer mon plaisir en lisant deux chapitres du livre The Guru Looked Good, un premier recueil de mémoires écrit par Marta Szabo, une amie Facebook. Si vous comprenez l’anglais, voici un billet qui offre quelques détails à son sujet.
Une fois mon envie de frites-sauce assouvie, je suis rentrée chez moi… une autre marche de 3.5 kilomètres au cours de laquelle j’ai pu roter mon Coke dans l’air pur des montagnes.

Je vous laisse avec cette photo prise l’été passé…
La Roulotte dans toute sa splendeur colorée !
Adresse : 795, rue de St-Jovite, Mont-Tremblant, Québec
(stationnement à l’arrière, tables de pique-nique, mini putt)

13 janvier 2013
« L’écrivain de la famille » est le premier roman de Grégoire Delacourt.

C’est l’histoire d’Édouard qui, à 7 ans, écrit un poème de 4 rimes qui déclenche aussitôt l’admiration de ses parents. Dès lors, on le proclame Écrivain de la famille. Marqué au fer rouge par ce titre qui l’angoisse plus qu’autre chose, il traînera son angoisse/ambition tout au long des années 70, 80 et 90 — de l’enfance à la vie adulte, de l’école au bureau, du lit conjugal au lit (…).
C’est aussi l’histoire d’une famille un peu folle, déchirante, déchirée. Je me suis attachée au frère cadet — il m’a arraché le coeur.
C’est une série de courts chapitres, des scènes de 3 ou 4 pages qui se dévorent comme un plat de délicieux petits canapés… parfois difficiles à avaler.
C’est drôle. Poignant. Cru.
Troublant de retenue.
J’ai a.do.ré.
*
* *
EXTRAIT :
La psychanalyse fit des ravages dans notre famille.
Ma mère ne parlait plus parce qu’elle gardait ses mots pour son analyste, un certain Boucher, à Lille. Mon père se taisait parce qu’il savait que si les mots peuvent guérir, ils peuvent aussi blesser, détruire. Et nous n’osions poser de questions. Ouvrir la bouche pouvait déclencher un cataclysme.
Exemple.
Dans la cuisine jaune pâle qui avait vu mes débuts d’enfant de lettres, qui se souvenait de nos joies à être parfois une famille drôle et légère comme celles qui habitent dans les films de Frank Capra, je demandai un soir à mes parents alors que nous étions à table :
— Est-ce que le silence ça veut dire qu’on ne s’aime plus ?
Il y eut un silence, cela va sans dire, puis des objets volèrent.
Claire se mit à hurler, atteignit une octave inconnue. Mon frère en larmes l’imita ; terrifié, il se colla à elle, disparut en elle. Ils coururent sous les bombes se réfugier dans sa chambre. Je restai là, paralysé.
Il faut avoir vu ses parents se battre pour comprendre qu’un enfant puisse avoir envie de mourir.
Je m’allongeai sous la table. Un chiot trouillard.
Ma mère sortit de la cuisine, claqua la porte. Plus tard mon père quitta doucement sa chaise. Ses jambes tremblaient. Un vieillard de quarante-six ans désormais. Il entreprit de ramasser les mots brisés sur le sol, salière, assiette, verre, broc, ramequin. Il les recollera, les mots éparpillés. Puis il les rangera à leurs places premières, dans le bon ordre, pour en faire une phrase qui dit que tout va bien, que tout rentre dans l’ordre justement. Avec le temps, il tentera de cacher les cicatrices des mots. Il les poussera loin dans l’ombre du placard, jusqu’à l’oubli.
* *
*
J’attends de lire son deuxième roman, « La liste de mes envies ».
On s’en reparle.

Rendez-vous sur le site de Grégoire Delacourt
vous y trouverez plein d’info et de belles images !
10 août 2012
J’ai eu un moment aha! ce matin après avoir laissé un commentaire sur le billet de Lori Stone, shifting the mood : Pourquoi ne pas écrire un livre de commentaires ?
Je vais le faire.
Et je veux m’assurer que personne ne volera mon idée, alors le titre de ce billet sert de droit d’auteur.
Vous êtes prévenus !
Tenez-vous prêts pour le premier commentaire…
disponible en ligne très bientôt !

8 août 2012
Je suis reconnaissante pour les livres de Carlos Castaneda parce qu’ils m’ont aidée à comprendre et mieux faire face à tout ce que je vois et ressens depuis mon enfance. Et aussi pour des passages tels que celui-ci, tiré de « Voir », où Castaneda partage un des enseignements de Don Juan :
« Pour un sorcier tout est significatif. Les sons, comme tout ce qui l’entoure, ont des trous. Dans sa vie ordinaire un homme n’a pas la vitesse nécessaire pour percevoir ces trous, et ainsi il traverse sa vie sans aucune protection. Les vers de terre, les oiseaux, les arbres pourraient tous nous raconter des choses inimaginables si seulement nous étions capables d’avoir la vitesse qui nous permettrait d’accrocher leur message. La fumée peut t’accorder cette vitesse d’accrochage. Nous devons donc rester en bons termes avec toutes les choses vivantes de ce monde; c’est pourquoi nous devons parler aux plantes que nous allons tuer, et nous excuser aussi de les faire souffrir. C’est la même chose avec les animaux que nous allons tuer à la chasse. Nous ne devons prendre que l’indispensable, ce qui est nécessaire à nos besoins, sinon les plantes, les animaux, les vers de terre que nous avons tués inutilement se retourneront contre nous, nous causeront des malheurs et des maladies. Un guerrier est conscient de cela et il s’efforce de les apaiser, car lorsqu’il regardera au travers des trous ce sont ces arbres, ces oiseaux, ces vers de terre qui lui transmettront de véritables messages. »
Je suis reconnaissante pour Nora Ephron — même si elle vient de nous mourir en pleine face — parce que je suis en train de lire « I Feel Bad About My Neck » et qu’à tous les soirs, après une longue journée de travail pour réaliser mes rêves, j’ai hâte de prendre un bon bain moussant et de voir ce qu’elle aura à dire qui me fera éclater de rire et me donnera encore PLUS le goût d’écrire.
Je suis reconnaissante pour ma salle de bains parce que même si mon logement est tout petit-petit, ma salle de bains, elle, est ÉNORME. Je dis toujours que si jamais je fais un party et qu’il y a beaucoup de monde, le buffet sera dans la salle de bains. Je dis aussi que la piste de danse sera là mais le buffet, c’est plus drôle, parce que ouash, CACA.
Je suis reconnaissante de ne pas me sentir obligée de produire des billets élaborés avec dessins et photos au sujet de la gratitude à chaque jour parce que le Festi Jazz commence aujourd’hui et je ne veux pas passer tout mon temps à dessiner ou à redimensionner des photos sur la gratitude alors que je pourrais être en train de la VIVRE.
Je suis reconnaissante pour le beau temps ensoleillé qu’il fait aujourd’hui parce que tous les concerts sont en plein air et aussi parce qu’ils sont GRATUITS.
MERCI À L’UNIVERS !
Pour en savoir davantage sur le Jour 21 du GRATITUDE CHALLENGE, rendez-vous sur le blogue de Nicole Cody.